Airnadette : la airmusic ne s’instrumentalise pas

Publié le 17/02/2011

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Airmusic et gros succès : c’est possible. Entre franche déconne et subversion, les français d’Airnadette ont conquis les USA ou encore Bercy.

Airnadette, c’est sept potes, trois ans de spectacles, du travail, du talent. Mais aussi des rencontres, beaucoup de déconne et, au final, un gros succès, depuis les troquets parisiens jusqu’à l’Aéronef, salle emblématique de la métropole lilloise. "On a dû jouer dans tous les bars de Paris. Parfois sans scène, avec les trois quarts des clients qui ne voyaient rien, mais tout le monde s’en foutait, ils se marraient quand même" explique MRodz, incarnation féminine du cliché hip-hop bling bling. Et un jour, dans l’un de ces bars, se trouve la chanteuse Camille qui, séduite par leur énergie, leur propose de faire leur première partie. La première marche vers le succès est franchie, et n’est pas due au hasard : parmi la troupe, deux d’entre eux, Château Brutal et Gunther Love, deviendront champions de France de air guitar. Ce dernier remportant par la suite les championnats du monde. "La air guitar, c’est comme la branlette, ça ne sert à rien mais ça fait vachement de bien" clament-ils sur scène. "Quand c’est bien fait" pourraient-ils ajouter, à voir le talent avec lequel ils miment chacun leur tour chant, guitare, batterie, contre-basse ou encore piano. Et ce dans un enchaînement de morceaux prenant systématiquement le public à contre-pied.

Airnadette en Amérique

Fort de leur succès, notamment relayé par Canal Plus, les Airnadette s’envolent pour une tournée aux USA à l’automne dernier. "On a tout financé nous-même. On avait prévu trois dates à l’avance, on a engagé un fixeur qui nous en a trouvé d’autres, et on a tourné là-bas pendant deux semaines" résume MRodz. La chaîne cryptée les suit dans l’aventure, pour la production d’un documentaire qu’elle diffusera prochainement. "Les Américains n’ont pas de second degré. Ici, tout le monde prend ça pour de la déconne. Là-bas, ils ont adoré, mais ont pris ça comme un show à l’américaine. On entendait que des "awesome", et jamais de "joke" poursuit-elle. Coup de bol bien saisi, la troupe se retrouve à Los Angeles en même temps que M, le croise dans un bar, et l’invite à venir les voir jouer. Ce qu’il fait à leur grand étonnement, et leur propose alors la même chose que Camille, quelques années plus tôt. "On s’est retrouvés dans un bar avec Matthieu Chedid qui nous demandait de faire sa première partie à Bercy. Scène surréaliste" s’émerveille encore MRodz.

Un groupe qui ne manque pas d’air

Malgré Bercy, New York et la Californie, Airnadette reste humble. Et si la déconne et l’esprit de fête semblent bien les animer, ils se font aussi plaisir à bousculer les univers trop proprets à leur goût. "On nous a proposé de jouer à Lausanne pour l’inauguration d’un cabinet d’avocats. On a hésité, et puis on l’a fait. Tous ces types collés-montés en costards, ils nous regardaient, et ils se marraient, comme tout le monde." Airnadette serait donc porteur d’un message universel ? En tout cas, la joyeuse bande à l’art de mobiliser les foules sur tous les styles musicaux, y compris ceux dont on n’assume pas toujours l’écoute. "Il y a un côté subversif : quand on joue du Britney Spears ou du R Kelly, on fait appel à l’inconscient collectif. Nous-mêmes on écoute pas ça chez nous, mais il ne faut pas être hypocrite : on connaît tous ces chansons, et quelque part, on les aime bien". Côté subversif que les téléspectateurs de TF1 auront découvert devant Le français le plus extraordinaire, en janvier dernier. Airnadette y a fini sa prestation en direct par un bon gros doigt d’honneur collectif à la caméra, s’attirant les foudres de la production. C’est qu’avec Airnadette, la airmusic ne s’instrumentalise pas.

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