Article paru dans l’édition madrilène du petitjournal.com le 17 décembre 2010.
Créée en 1594 par Charles d’Anvers, la fondation du même nom venait en aide aux flamands d’Espagne dans le besoin, au temps des Pays-Bas Espagnols. Transformée en fondation culturelle en 1992, elle a pour objectif la promotion de la culture de la Flandre historique, de l’Artois au Benelux
(Catherine Geens, directrice de la fondation / Photo Lepetitjournal.com)
De cet héritage, la Fondation Carlos de Amberes garde quelques traces. "C’est une institution 100% espagnole, présidée par le roi d’Espagne depuis Philippe III. N’oublions pas qu’à l’époque, les Flandres, c’était l’Espagne", affirme Catherine Geens, directrice de la fondation depuis 18 ans. Organisme privé, la fondation organise, grâce au mécénat, expositions, concerts, conférences, et tous autres évènements culturels promouvant la culture des Flandres – du Nord Pas-de-Calais aux Pays-Bas en passant par la Belgique et le Luxembourg – mais aussi l’identité européenne. "Nous avons aussi un observatoire de la réalité sociale africaine. Pourquoi ? Car lorsque l’UE a été bloquée par le rejet du traité constitutionnel, et avant le traité de Lisbonne, il a bien fallu trouver un autre thème sur lequel travailler. Et je pense que l’Europe et l’Afrique sont très importantes l’une pour l’autre, beaucoup plus qu’avec les autres continents" poursuit-elle.
Pris entre Flamands et Wallons
Principalement financée par le ministère de la Culture espagnole ou encore la communauté autonome de Madrid, la fondation Carlos de Amberes peine parfois à trouver un soutien là où ça pourrait sembler logique, c’est-à-dire en Belgique. "Notre nom ne nous rend pas service. En Belgique, lorsqu’on téléphone, les gens pensent qu’on est basés à Anvers. Dans le contexte actuel, s’appeler ‘Charles d’Anvers’ n’ouvre pas forcément beaucoup de portes en Wallonie" confie-t-elle. Est-ce pour autant un avantage côté flamand ? Pas forcément. "A Gand, on arrive à réaliser des belles choses. Mais à Anvers par exemple, il y a une exigence beaucoup plus marquée à travailler en flamand, et non en français ou en anglais". Ce qui n’empêche pas la fondation de réaliser de belles opérations, telles une exposition sur l’influence de Rembrandt sur Picasso et Goya, à Amsterdam, ou une autre sur les tapisseries flamandes d’Espagne, successivement à Gand et Paris.
Collaborations avec la France
Ces difficultés, Catherine Geens les retrouve jusqu’à Madrid. "Il n’existe pas d’équivalent de l’Institut français. Le problème du choix de la langue de travail est venu à bout de nombreuses initiatives. Il y a une représentation flamande, mais c’est uniquement politique et économique, pas culturel". La fondation se tourne parfois vers les institutions françaises, avec des collaborations notamment avec l’Alliance française de Madrid, mais de façon ponctuelle. "Pour travailler avec les Flandres françaises, c’est particulier car les intérêts culturels français sont déjà bien défendus par les institutions françaises. Mais en 2004 nous avions prêté notre Rubens, une œuvre unique réalisée pour la fondation, pour l’exposition sur Rubens organisée à Lille". Une bonne expérience qui donne envie à Catherine Geens de poursuivre avec la capitale des Flandres. "Nous organisons l’an prochain un séminaire sur les avancées technologiques pour reproduire le patrimoine européen en image. Nous aimerions faire ça à Lille".
Publié le 17/02/2011
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